Forbes : 100 ans d’une histoire d’amour entrepreneuriale

L’année de la fondation de Forbes en 1917, fut l’une des plus importantes de l’histoire. Les États-Unis entrent dans la Grande Guerre. Lancer une nouvelle publication au beau milieu d’une guerre mondiale paraît alors relever de la folie. Mais Bertie Charles Forbes, le sixième d’une fratrie de dix enfants d’un tailleur écossais, a depuis longtemps l’ambition de devenir un écrivain d’affaires et son propre patron. Il se rend d’abord en Afrique du Sud, où il travaille pour le rédacteur en chef du Rand Daily Mail, Edgar Wallace. Mais l’Afrique du Sud est un marché trop restreint et en 1904, B.C. Forbes s’envole pour New York, où, ne parvenant pas à trouver un emploi, il décide d’offrir ses services gratuitement à un éditeur pendant plusieurs semaines afin de prouver sa valeur.

B.C. Forbes devient un rédacteur financier de renommée nationale, non seulement en publiant et en publiant une chronique syndiquée, mais aussi en écrivant des livres. Au lieu de se contenter d’écrire sur des personnes qui ont fondé leur propre entreprise, l’envie lui prend de créer la sienne. À l’origine, la publication s’intitulait Doers and Doings, mais B.C. Forbes a finalement décidé d’utiliser son nom de famille, pratique peu courante à l’époque. B.C. Forbes croit profondément en ce que nous appelons aujourd’hui le capitalisme entrepreneurial. Il adore faire la chronique des actions des chefs d’entreprise le plus audacieusement possible. Dans le premier numéro de Forbes, il déclare : « Les affaires ont été créées pour produire du bonheur, pas pour amasser des millions. »

Le premier numéro du magazine Forbes, alors intitulé Doers and Doings.

Forbes connaît un boom dans les années 1920. William Randolph Hearst, le magnat des médias qui a servi de modèle au film classique Citizen Kane d’Orson Welles, offre d’acheter la création de B.C. Forbes en 1928 pour des dizaines de millions de dollars. Si B.C. Forbes rejette fièrement la proposition, il se demande très vite s’il n’a pas fait une erreur catastrophique. Forbes est durement touché par la Dépression. En 1932, l’entreprise est pratiquement en faillite, la publicité ayant diminué de plus de 80 %. Ayant peine à y survivre, Forbes boite pendant les années 1930, éclipsé par BusinessWeek et Fortune. En 1945, Malcolm, le fils de B.C. Forbes, rejoint l’entreprise. À l’époque, le contenu de Forbes se compose principalement de pièces indépendantes. Malcolm Forbes commence à embaucher du personnel de rédaction à temps plein, croyant à juste titre que cela améliorerait considérablement le produit éditorial. Il lance également The Forbes Investor, un bulletin hebdomadaire qui recommande des actions et analyse l’actualité boursière de la semaine précédente. Le prix du bulletin d’information est de 35$ par an, et les coûts de production ne représentent qu’une fraction de ceux de la revue. Le bulletin connait un succès immédiat et fourni le capital nécessaire à la réorganisation de l’entreprise.

En 1947, Forbes fête son 30e anniversaire et son renouveau naissant. Le contenu éditorial s’améliore, tout comme la diffusion et la publicité, grâce à un certain nombre d’innovations. En janvier 1949, Forbes introduit ce qui va devenir son bulletin annuel sur les industries et les entreprises, amorçant ainsi la lancée de son cœur statistique.

James Michaels, rédacteur en chef de longue date (1961-99), brillant et audacieux, accompli plus que quiconque pour donner à Forbes une place de choix dans la presse. La compagnie acquiert la réputation d’écrire des histoires percutantes qui évaluent les entreprises de la même façon que les critiques analysent une pièce de théâtre.

La notoriété grandissante du magazine s’accélère en 1982 avec l’introduction d’un numéro annuel spécial qui classe les 400 Américains les plus riches. La première édition connaît un énorme succès, tant sur le plan éditorial que financier, et les listes deviennent alors un pilier de Forbes. La clé est et reste la crédibilité et l’innovation. Par exemple, la liste annuelle des 30 Under 30 de Forbes, une liste de 30 jeunes talents dans 20 catégories différentes, connaît un succès phénoménal grâce à Randall Lane, son créateur et rédacteur en chef.

Le premier et le dernier classement des 400 américains les plus riches (1982 – 2019).

La clé du succès continu de Forbes est ce que l’on appelle aujourd’hui le « branding ». Avoir un produit toujours meilleur n’est pas suffisant, comme Steve Jobs l’a clairement démontré avec son accent presque maniaque sur les designs élégants. En 1964, lorsque Malcolm succède à son frère Bruce, décédé du cancer à l’âge de 48 ans, l’entreprise accélère les innovations qui vont faire de Forbes un synonyme mondial de succès et de réussite entrepreneuriale. Si Forbes est loin de la taille des grands médias comme Time, Dow Jones et McGraw-Hill, sa réputation est plus grande, plus prestigieuse et plus glamour. Le magazine surpasse ses concurrents Fortune et BusinessWeek dans l’influence qu’il exerce dans le monde des affaires.

Aux débuts de Forbes.com en 1996, le produit en ligne est séparé du magazine : des bâtiments différents, du personnel différent, des lignes de reporting différentes. La nouvelle entreprise ne publie pas seulement ce qui paraît dans le magazine, elle créé aussi beaucoup de contenu original, ce qui est plutôt rare pour les sites d’éditeurs traditionnels papier.

En 2017, alors que Forbes fête son centenaire, le magazine américain débarque dans les kiosques français, après une année disponible seulement en version numérique. Le trimestriel, laissant une large place aux analyses de grands patrons et aux classements, est vendu 9 euros. Le premier numéro de l’édition française de Forbes revient sur les cent dernières années et se projette sur les cent prochaines, à l’aide de témoignages et interviews de stars de l’économie internationale et hexagonale, comme Bill Gates, Warren Buffett, Marc Zuckerberg, Guillaume Pepy ou Xavier Niel. Ces paroles d’hommes et femmes d’affaires s’accompagnent de plusieurs classements, la marque de fabrique du magazine, et d’une section consacrée à l’art de vivre et d’analyses et dossiers sur des stratégies d’entreprises. « On se considère comme le “Book Magazine de l’économie, de l’entrepreneuriat”. On veut inspirer », explique Dominique Busso, son directeur. Il s’appuie sur la marque mondialement connue, présente dans 38 pays, pour développer dès 2018 une activité de conférences, avec notamment le fameux classement 30 Under 30. En 2019, Forbes France a pour objectif de multiplier ses cibles et bien sûr élargir sa petite équipe.

Le premier numéro papier de Forbes France, publié le 6 octobre 2017.

« Forbes, c’est le magazine des entrepreneurs »

Si Forbes France se lance 100 ans après son homonyme américain, Dominique Busso tient à respecter la même ligne éditoriale : « c’est l’économie par ceux et celles qui la font. » Le groupe Forbes est présent dans 38 pays et c’est la première fois qu’il accepte de se lancer dans un pays avec une stratégie Web first. La marque numérique a permis de générer de l’audience et de trouver des contributeurs de qualité, ce qui a constitué une belle rampe de lancement pour le magazine papier. Pour Dominique Busso, PDG de Forbes France et véritable « média entrepreneur », le lancement de la déclinaison française du média de prestige est un pari réussi. Un fois l’accord e licence signé en mai 2016, le site Forbes.fr est mis en ligne le 16 novembre 2016. Selon Dominique Busso, « le business model du site repose sur trois piliers : publicité en ligne vendue au CPM, native advertising et génération de leads. » La cible de Forbes France, ce sont les grands patrons, les étudiants en écoles de commerce, les directeurs de départements mais aussi les patrons de PME. « Nous voulons également soutenir les femmes entrepreneurs avec la rubrique Femmes@Forbes sur le site. Dès le premier numéro, nous avons consacré 30 pages aux femmes entrepreneurs. » Des classements sur les jeunes entrepreneurs les plus influents, et bientôt sur les femmes françaises les plus influentes, Forbes se consacre de plus en plus à des classements basés sur l’innovation. Si le site et le magazine restent avant tout concentrés sur les entrepreneurs, des sujets de plus en plus variés voient le jour dans les lignes de Forbes France.

Mon rôle en tant que stagiaire chez Forbes

Retrouvez ici un des articles que j’ai rédigé pour Forbes.fr. Les autres articles seront publiés dans le prochain magazine trimestriel. Vous trouverez également ici une poignée de mes traductions et ici le travail que j’ai réalisé pour le classement 30 Under 30. J’ai également coordonné le classement des 40 femmes Forbes les plus influentes, qui paraîtra dans le prochain magazine.

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